Mes frères !
Je viens vous annoncer ici-même une grave nouvelle. Sachez que notre collecteur chevalin a été sournoisement assassiné !
Alors que je me dirigeais vers une quelconque caverne pour y trouver repos, mon instinct vint s'insinuer dans ma pensée pour me faire dévier de mon chemin initial, et c'est à ce moment que je vis les malfrats agresser notre pauvre petit mustang du recel.
J'agis donc selon mon devoir ; je décidai de m'interposer. Tel un courageux paladin, je fondis sur le pont qui liait le restaurent à la rive opposée, devant le percepteur, et, d'un regard noir, je leur criai : "VOUS NE PASSEREZ PAS !".
Interloquées, les brutes que j'avais d'abord prises pour purement stupides firent preuve d'une brillance d'esprit que je ne leur estimais pas.
L'une d'elles, une Iope, fit un majestueux saut derrière moi, mais surtout, derrière le centaure, précisément pour le placer entre elle et moi. Ainsi, je voyais ma ligne de vue réduite au pleutre de cheval.
Je me mis en tête que ce dernier serait capable d'achever la Iope, déjà épouvantée. Avec un peu de chance, je pourrais m'occuper des autres combattants sans trop de difficulté.
Malheureusement, la clémence me tenait toujours rancune, elle décida de rejoindre le mauvais camp ; le disciple de Sacrieur usa d'une technique particulière, appelée "Coopération", qui, contre mon gré, me faisait changer de position avec ce vil brigand.
Les deux autres décampèrent aussitôt, la voie, ou le pont, plutôt, libre d'un adversaire digne de mon nom.
Perplexe, je me demandai si mon regard n'avait pas été un peu trop menaçant.
Après une Puntion (quoi que bien méritée) de Sacrieur et la Colère déchainée par Iop sur le craintif poney (paix à son âme), les Dieux prirent la douteuse décision de me retirer du combat et de me renvoyer à ma statue. Je ne pus donc venger le déchu percepteur, auquel, pourtant, je m'étais attaché.